Vendredi Soir au Club Vidéo

0%

Visite d'un lieu populaire aujourd'hui menacé par l'hyperproximité de nos écrans d'ordinateurs

  • Un essai interactif de : Cédric Chabuel Alexandra Viau

  • Design et programmation : Deux Huit Huit

  • En partenariat avec : Le Devoir

banque

Vidéo Centre-Ville

Ville : Québec

Nombre de films : 30 000

FRENCH ORIGINAL VERSION WITH ENGLISH SUBTITLES

Retour au menu

Les bonus

Un deuxième étage?

Lorsque Victor Paré parle du « deuxième étage », il fait référence au sous-sol du Vidéo Centre-Ville, entièrement consacré aux films « 18 ans et plus ». L'imposante collection de films pour adultes permet au propriétaire d'engranger des profits qu'il réinvestit dans l'achat de films de genre. Les clientèles des sections « Porno » et « Répertoire » cohabitent plutôt bien et se mélangent... parfois.

Accro aux clubs

Cinéphile invétéré, le commis Victor Paré a passé beaucoup, beaucoup de temps dans son club vidéo de quartier. Enfant, il pouvait y rester des heures à regarder les pochettes. « J'y allais maladivement, presque quotidiennement. J'étais heureux de rapporter ma cassette pour vite en reprendre une autre. Le hic, c'est que je n'étais plus capable de briser le cycle, et ça me coûtait vraiment trop cher! »

3femmes

Vidéo du Carrefour

Ville Val-David

Nombre de films 16 424

elles sont déterminées

elles sont solides

elles vont résister

FRENCH ORIGINAL VERSION WITH ENGLISH SUBTITLES

Retour au menu

Les bonus

Les autres vies de Nicole

Nicole Vézina est propriétaire du Vidéo du Carrefour depuis 2004. Rien dans ses précédents métiers ne laissait présager ce destin. Elle fut tour à tour secrétaire, coiffeuse, commis emballeuse aux viandes, puis rembourreuse. « J'ai toujours voulu avoir un magasin de quelque chose », dit-elle. Le hasard a voulu que ce soit un club vidéo, dont Nicole a rembourré elle-même les banquettes de la section Internet.

Des VHS rares

La propriétaire du Vidéo du Carrefour conserve précieusement une copie VHS de certains films qui ne sont plus édités en DVD. Elle demande un dépôt de 25 $ pour chaque location, ce qui ne freine pas les ardeurs des cinéphiles, qui peuvent même louer un magnétoscope sur place.

Hold-up au club vidéo

Maryse Drapeau travaillait seule un soir de mai lorsqu'un jeune homme est entré par la porte et a sauté par-dessus le comptoir de bonbons pour s'emparer de la caisse. « J'étais sur le plancher; je n'ai pas eu le temps de réagir; heureusement, je n'ai pas été blessée », se souvient la commis. Malgré l'incident, les trois femmes du Vidéo du Carrefour continuent de travailler tour à tour seules le soir.

Moitié Moitié

Club vidéo dépanneur Premier Choix

Bécancour, Québec

Nombre de films : 2500

FRENCH ORIGINAL VERSION WITH ENGLISH SUBTITLES

Retour au menu

Les bonus

Objectif clients

La compétition est féroce dans l'univers des clubs vidéo – dépanneur. L'objectif premier de Jean-Luc Richard est de faire entrer le plus de clients possible dans son commerce. Pour y arriver, il mise notamment sur un comptoir Sears où les gens peuvent commander à partir du catalogue. À ce même comptoir, il est aussi possible de s'inscrire pour avoir accès au gym situé à l'arrière. Une synergie payante!

Affronter le torrent

Le changement de support des films est un cauchemar pour tout propriétaire de club vidéo, qui doit investir du jour au lendemain dans une nouvelle collection. Alors qu'un film en format VHS valait 100 $, il en coûte seulement 25 $ pour acheter un DVD et 35 $ pour un Blu-ray. Les propriétaires font-ils plus de profits qu'avant? « Pas du tout, ça ne fait que compenser les pertes subies par les téléchargements sur Internet », constate Jean-Luc Richard, patron des lieux.

xxx

Club vidéo Régo 3XXX

Trois-Rivières, Québec

Nombre de films : 2000

FRENCH ORIGINAL VERSION WITH ENGLISH SUBTITLES

Attention

CETTE SECTION CONTIENT DES IMAGES DE NUDITÉ ET/OU DE SEXUALITÉ EXPLICITE. POUR PUBLIC AVERTI.

Retour au menu

Les bonus

Pastiches et poitrines

L'un des films les plus souvent loués chez Régo 3XXX est Plus Sized And Plugged, classé dans la section « Gros seins ». Les étagères « Jeunes filles » et « Evil Empire » sont aussi très en demande. Chantal Boisclair, employée, se surprend du succès de certains films. « Quand ça fait mal et que les filles vomissent, ça n'a plus rien de sexuel; c'est juste de la violence et c'est dégradant ». Les scénarios pornos qui pastichent des films à grand succès comme Top Gun ou La famille Pierrafeu sont les plus populaires auprès des couples.

À la déchiqueteuse!

Les clients qui entrent dans un club vidéo adulte le font à visage découvert, mais s'attendent tout de même à un minimum de confidentialité. Chez Régo 3XXX, toutes les factures abandonnées passent à la déchiqueteuse et les numéros de téléphone des clients peuvent - à leur demande - demeurer confidentiels.

Sur place ou à emporter

Pendant longtemps, le club vidéo Régo 3XXX a offert un service bien particulier à sa clientèle : la location d'une salle de visionnement privé. Les clients s'y enfermaient seul le temps d'un film et portaient des écouteurs. Chantal, commis chez Régo 3XXX, triait les clients selon leur bonne conduite, afin d'éviter tout débordement : « Je refusais les gens saouls ou malpropres ». Des rénovations ont mis fin momentanément à ce service.

the taylor's dream

Royal Fashion

Montréal, Québec

Nombre de films : 2000

VERSION ORIGINALE ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS

Retour au menu

Les bonus

Bienvenue à Nollywood

Les films de John Ola viennent du Ghana, du Cameroun, du Congo, mais surtout du Nigeria, pays où il a grandi. Le Nigeria fait partie de la sainte trinité de la production cinématographique mondiale, aux côtés des États-Unis et de l'Inde. Nollywood produit plus de 1 000 films par année, comparativement à une quarantaine au Québec. Souvent tournés en anglais, les films de Nollywood connaissent un immense succès en Afrique. La culture du piratage ne permet toutefois pas aux artisans de vivre décemment de leur art.

De PAL à NTSC

C'est avec un prêt bancaire de 7 000 $ que le propriétaire du Royal Fashion, John Ola, a débuté son affaire au début des années 90. Le tailleur de formation achète alors une machine à coudre et un appareil VCR, pour transférer du support cassette PAL - illisible au Canada - à NTSC les précieux films achetés directement d'un producteur nigérien.

Les jours sombres

L'avenir est sombre pour les clubs vidéo ethniques, dont les bonnes affaires ont été mises à mal par l'arrivée de la télévision par satellite et du piratage. Dans la métropole, à l'instar de John Ola, de nombreux commerçants indiens, chinois, vietnamiens ou hispaniques ont décidé de vendre des films plutôt que de les louer. Mais certains vendent des copies. En mars 2012, la Gendarmerie royale du Canada a saisi 9 000 DVD contrefaits dans des commerces montréalais.

À propos

Maman, c'était quoi un club vidéo?

Réalisé par Cédric Chabuel et Alexandra Viau, Un vendredi soir au club vidéo est un hommage à ce lieu rassembleur qui a fait exploser la cinéphilie, développé la vidéo domestique et longtemps reflété les changements de notre société. Voyant les clubs vidéo tomber au combat les uns après les autres, les réalisateurs ont voulu conserver une trace de la brève existence de ces commerces de quartier victimes des modes et des technologies. Le projet fait l'archéologie d'un présent déjà fuyant, situé sur un point de bascule entre hier et demain.

Un vendredi soir au club vidéo est un documentaire interactif qui explore de façon ludique les coulisses de cinq clubs vidéo, populaires commerces de proximité aujourd'hui menacés par l'hyper-proximité de nos écrans d'ordinateurs. La parole est donnée à des commerçants indépendants qui s'accrochent à leurs rêves de faire vivre l'industrie de la location vidéo. Les transformations majeures et encore difficilement mesurables qu’Internet amène dans notre quotidien percent le jour à travers leur histoire personnelle. L'accessibilité et l'humanité des lieux transcende les difficultés économiques vécues par ce qui pourrait bien être les derniers clubs vidéo du coin.

Ying Jia, dépanneur de La Petite Patrie

Derrière la façade du dépanneur, au-delà des clichés, il y a souvent l'histoire d'une famille, la réalité d'un métier et l'intégration dans une nouvelle culture, une nouvelle langue. Un essai interactif intimiste sur un dépanneur du centre de Montréal, en collaboration avec Le Devoir


Territoires

On les traverse pour se rendre au travail, on y élit domicile, on les fréquente pour magasiner : les nouveaux ensembles urbains occupent nos vies d’une manière ou d’une autre.


24 poses féministes

Qu'est devenu le féminisme auprès des jeunes femmes en 2012? Explorez la question à travers le regard de 6 artistes féministes en 24 poses.

Équipe de création

Images et réalisation

Cédric Chabuel
Alexandra Viau

Concepteur sonore

Cédric Chabuel

Recherchiste

Cédric Chabuel
Alexandra Viau

Design et développement Web

Deux Huit Huit


Équipe de production

Producteur

Dominique Willieme

Producteur exécutif

Hugues Sweeney

Chargé des technologies

Martin Viau

Administratrice

Marie-Andrée Bonneau

Coordonnatrices de production

Dominique Brunet
Caroline Fournier

Agentes de mise en marché

Jenny Thibault
Sophie Thouin

assistée de

Karine Sévigny

Technologies de l'information

Sergiu Raul Suciu

Services interactifs

Matthieu Stréliski
Catherine Perreault
Émilie Nguyen Ngoc

Relations de presse

Nadine Viau


Équipe journal Le Devoir

Rédactrice en chef

Josée Boileau

Directeur de l’information

Roland-Yves Carignan

Directeur de l'information adjoint, Internet

Paul Cauchon

Administrateur Web

Yanick Martel

Pupitreurs Web

Laurence Clavel
Marie-Pier Frappier
Benoît Munger
Philippe Papineau

Journalistes rattachés au projet

Catherine Lalonde 
François Lévesque
François Pesant (photographe)

Vidéo du Carrefour (« 3 Femmes »)

Nicole Vézina, propriétaire
Maryse Drapeau, employée
Sonia Paquin, employée

Vidéo Centre Ville (« De l'or en banque »)

Patrice Doré, propriétaire
Victor Paré, employé

Club vidéo dépanneur Premier choix (« Moitié-moitié »)

Jean-Luc Richard, propriétaire
Lyne Francoeur, employée

Club vidéo Régo 3XXX (« Papa est chez le coiffeur »)

Réal Gaudet, propriétaire
Chantal Boisclair, employée

Club vidéo Royal Fashion (« The taylor's dream »)

John Ola, propriétaire

Merci à Germain Larochelle pour son aide et son amour du cinéma.
Merci également à Gabi Macaluso, Julie Gauthier, Lisa Arduini et toutes les autres personnes qui nous ont mis sur la piste des plus beaux clubs vidéo.